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Comité de Lecture du jeudi 27 septembre 2018
"Lectures de l'été"


arditiROMAN français : Metin ARDITI, "CARNAVAL NOIR" – 400P.
Grasset 2018 – 3* -
MOTS-CLÉS :
Assassinat, Confrérie, Venise 16èmesiècle, Attentat

Venise, Janvier 2016, une étudiante se fait assassiner. Celle-ci préparait une thèse sur la Scuola grande de San Sepulcro, une confrérie de la Venise du 16ème siècle. En 1575, cette confrérie a disparu suite à une série de crimes commis, dans un laps de temps réduit appelé "le Carnaval noir". Le roman se base sur un complot dont le but est l'assassinat du pape. Le commanditaire est un groupuscule d'extrême droite de la curie romaine. L’exécutant est une filière libyenne de Daesh. Une alliance contre nature nait où chacun trouve son compte. Pour déjouer l'attentat contre le pape, il faudra résoudre une énigme de plus de cinq siècles et comprendre la signification du tableau de Paolo el Nani. Des liens logiques apparaissent car l'histoire se répète. Livre intéressant pour les lecteurs qui aiment l'histoire et les intrigues. Bien documenté.           
Lu par Karima ABOU-EL-ABBES – BPT Juan Les Pins
chiarelloROMAN français : Fanny CHIARELLO, "LA VIE EFFAÇANT TOUTES CHOSES" - 235 P.
L’Olivier 2018 – 3* -
MOTS-CLÉS :
Nouvelles, Femme, Assignation, Genre

Neuf femmes, neuf destins. D’âge et de condition sociale différente, elles ne se connaissent pas mais ont en commun la remise en question de leurs choix, du rôle social qui leur est assigné en raison de leur genre. La maternité, l’amour, la solitude, le couple, la sexualité, le travail, la servitude, elles cherchent à s’en libérer par la fuite, l’art, la révolte. Nous vivons avec elles l'instant où tout bascule, où elles ont tout à coup pleinement conscience du décalage entre leur vie et leurs aspirations. Moment court durant lequel des personnages récurrents vont se glisser dans leur vie, une même musique et une même voix féminine. Des fils conducteurs tissent un lien, les englobent dans un cocon protecteur et les rend comme sœurs. L’auteur mêle tristesse, ironie, humour. Elle décrit leur quotidien et leur révolte avec une telle acuité que notre identification à ces femmes en fait aussi nos sœurs.
Lu par Marième Buchet - BPT St Bathélemy
la-vraie-vieROMAN belge : Adeline DIEUDONNÉ,  "LA VRAIE VIE" -266P.
Stock 2018 – 4* -
MOTS-CLÉS : Adolescence, Frère/Sœur, Parents/Enfants, Violence

Elle a dix ans, son frère Gilles six, ils sont inséparables. Leur mère est transparente, inexistante. Leur père, violent, expose ses trophées de chasseur de gros gibier dans la "chambre des cadavres". Un drame atroce survient qui va transformer Gilles. Passionnée de physique, elle voudrait remonter le temps, effacer cette vie qui lui apparaît comme le brouillon de l’autre, la vraie, et réparer son frère qui devient le double de son père…Sorte de conte horrifique où l'auteure belge regarde, avec une grande acuité, un monde glauque et étouffant à travers les yeux d’une enfant intelligente, courageuse et imaginative. De cet univers tout en ombre et en lumière, sensuel à fleur de peau, se dégage une poésie du cauchemar. Un beau premier roman sur les terreurs de l’enfance. Déjà couronné de 3 prix dont celui du roman Fnac 2018.                    
Lu par Joëlle GRENIER – BPT Juan Les Pins
foenkinosROMAN français : David FOENKINOS, "VERS LA BEAUTÉ" - 221P.
Gallimard 2018 – 2* -
 MOTS-CLÉS : Art, peinture

Antoine Duris a tout laissé derrière lui. Abandonnant un prestigieux poste de maître de conférences aux Beaux-Arts de Lyon, il a lâché son appartement et s'est enfui à Paris. Un poste gardien de salle au musée d’Orsay lui est offert et, bien que Mathilde Mattel, Directrice des Ressources Humaines, soit surprise par le parcours professionnel de cet homme et son air "de bête traquée", elle décide de l’embaucher pour tenir la salle dédiée à Modigliani. Cet homme taiseux, l’intrigue : parfois il parle à mi-voix au portrait de Jeanne Hébuterne, puis il la fascine. Entre ces deux êtres sensibles vont se tisser des liens d’une grande délicatesse. Et si pour survivre il fallait se tourner vers la beauté ? Destins croisés de personnages attendrissants mais inconsistants. Dès les premières pages poussives, plates, convenues, on s'ennuie, c'est dommage car le récit est teinté de mélancolie tendre. Décevant.                                        
 Lu par Christiane Krasnopolski, BPT Cagnes sur mer
fottorinoROMAN français : Eric FOTTORINO,
"17 ANS" - 263P.
Gallimard, 2018 - 3 * -
MOTS-CLÉS : Relation mère/fils, Juif, Récit personnel

L’auteur nous livre ici un portrait poignant de sa mère. Elle va confier à ses trois fils le secret qui l’étouffe, un traumatisme qu’elle a vécu à 17 ans, sans jamais en parler. Elle avoue qu’elle a donné naissance, après lui, à une petite fille, qu’elle a été forcée par sa mère d’abandonner. Il décide de mener l’enquête et se rend à Nice pour essayer sinon de comprendre, du moins de reconstituer le passé familial. Qui est sa mère, qui est-il ? Sa famille résidant dans la région de Bordeaux, pourquoi est-il né à Nice ? Il va déambuler dans la ville, faire de belles rencontres illustrant la Nice d’hier et d’aujourd’hui. Récit nostalgique, plein de lumière et de couleurs. Avec une belle écriture, Fottorino fait preuve de retenue, de pudeur, de tendresse et d’amour envers sa mère qu’il "reconnait" enfin.
Lu par Dominique Jalliffier - BPT Valbonne
fullerROMAN anglais : Claire FULLER,
" UN MARIAGE ANGLAIS" – 434P.
Stock 2018 – 3* -
MOTS-CLÉS : Amour, Amitié, Souvenirs, Deuil

Gil Coleman aperçoit dans la rue Ingrid, son épouse disparue depuis plusieurs années. Voulant la rattraper, l’homme a un accident et se retrouve à l’hôpital. Ensuite, l’histoire se déroule en alternance avec Flora, la fille cadette du couple, qui exprime le temps présent et la voix d’Ingrid qui dans les lettres, qu’elle écrit à son mari, évoque leur rencontre et le délitement de leur amour fou qu’elle a cru inaltérable. Hélas quinze ans plus tard avec deux filles, l’isolement, la solitude et les nombreuses trahisons de son mari, que reste-t-il ? Elle écrit sa dernière lettre et disparait. Claire Fuller, avec une écriture élégante et précise montre les difficultés que rencontrent les filles d’Ingrid et de Gil, la diversité des interprétations, perceptions et réflexes de chacun pour faire face à la réalité.
Une lecture touchante et intéressante.                               
Lu par Anne Walters - BPT St Laurent du Var
huismanROMAN français : Violaine HUISMAN, "FUGITIVE PARCE QUE REINE" – 256P.
Gallimard 2018 – 4* -
MOTS-CLÉS : Amour filial, Bipolarité, Bourgeoisie

L'amour de Violaine et de sa sœur pour leur mère était inconditionnel et immense. Pourtant, comme pour Delphine de Vigan ou pour le héros de "Bojangle", Maman était difficile à aimer. Excentrique et parfois cruelle, tantôt elle couvrait "ses petites chéries adorées" de baisers, tantôt elle les insultait. Dans ce premier roman, l'auteur réfléchit sur ce rapport à la mère dans ce qu'il a d'absolu et d'irrationnel.
Lu Par Marguerite Gautier - BPT Beaulieu sur mer
lindbergROMAN suédois : Sofia LUNDBERG,
"UN PETIT CARNET ROUGE",
356P.
Calmann-Lévy 2018 - 3* -
MOTS-CLÉS : Récit de vie, Amitié, Amour

Le destin d'une femme hors du commun, Doris, âgée de 96 ans, vit seule à Stockholm. Elle a pour seule famille, sa nièce Jenny, qui vit aux Etats-Unis et pour seule visite ses auxiliaires de vie. Son bien le plus précieux est un petit carnet rouge offert par son père pour ses 10 ans. Il contient le souvenir des gens qu'elle a rencontrés tout au long de son existence. Doris décide d'écrire son histoire afin de la léguer à Jenny pour que ses souvenirs demeurent. Histoire de famille et de transmission où tout s'articule autour du "petit carnet rouge".  Bon roman d'été qui nous fait voyager dans différents pays d'Europe et les Etats-Unis avec en prime une intrigue romanesque. C'est un roman touchant par son  humanité.
Lu par Brigitte Jullien - BPT St Laurent du Var
salterROMAN USA : James SALTER,
 "LAST NIGHT"
352P
L’Olivier 2018 – 3* -
 MOTS-CLÉS : Nouvelles, Le couple, Le sexe, L’argent

22 récits où Salter met en scène des avocats fortunés new-yorkais, des hommes d‘affaires, le monde du cinéma, des femmes à la beauté troublante, des écrivains et des poètes et même le pathétique destin d’un chien. On y retrouve les thèmes qui lui sont chers; le couple, présenté comme un assemblage d’individus dissemblables, le sexe, l’argent, la vie qu’on brûle par les deux bouts mais aussi la fatalité du cancer ou de la folie. Le style de Salter opère par un savent dosage d’éléments relevant de la vie ordinaire mêlés à une atmosphère énigmatique. Son talent de scénariste ressort à sa manière de faire apparaître la misère morale des personnages ou leur étrange banalité, telles que les peint Hopper qui a si bien rendu la solitude, l’incommunicabilité entre les êtres et la vanité de leur existence dans un environnement indifférent.                                          
Lu Par Evelyne Cosimi - BPT Vence