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Comité de Lecture du jeudi 18 octobre 2018


bordasROMAN Français :
Camille BORDAS,
"ISIDORE ET LES AUTRES"
– 413P.Édition Inculte 2018 - 3* - MOTS-CLÉS : Famille, Amitié, Compassion, Apprentissage

Le roman nous décrit une famille originale. Le narrateur, Isidore, 11 ans, croque avec humour et perspicacité le portrait de sa famille, de ses cinq frères et sœurs surdoués qui ont tous sautés des classes dans leur parcours scolaire et écrivent des thèses sur des sujets très complexes. Lui, Isidore, se sent normal, il n’a jamais sauté de classe. Observateur et attentif aux détails, il garde un contact concret avec les autres. Il dévoile ses sentiments et réflexions et suggère une critique bienveillante de cette famille. La philosophie d’Isidore démontre que les réussites intellectuelles ne suffisent pas à l’équilibre et il démontre que la sensibilité et l’empathie apparaissent comme la voie la plus sûre pour des relations harmonieuses aux autres. Une écriture simple une lecture agréable et souvent drôle. Bon roman pour surmonter la morosité.                                   
Lu par Anne Walters - BPT St Laurent du Var
ogawaROMAN Japonais :
Ito OGAWA,
"LA PAPETERIE TSUBAKI"
384P.Philippe Picquier 2018 - 3* - MOTS-CLÉS: Art de la correspondance, Amitié, Convivialité

Hatoko revient à Kamakura pour reprendre la papeterie familiale et exercer le métier d'écrivain public que sa grand-mère lui a transmis. Les demandes de lettres sont souvent incongrues et la description du rituel ancestral est quasi religieux tant dans les gestes à accomplir et que dans le choix des matériaux et outils nécessaires. Un petit cercle d’amis où se côtoient des générations différentes se forme autour d’elle et la papeterie devient un lieu de partage et le théâtre de réconciliations inattendues. Très joliment illustré par les correspondances calligraphiées, ce livre astucieusement rythmé sur les quatre saisons est une agréable surprise et  un hommage au Japon traditionnel capable d’intégrer une certaine modernité sans altérer ses traditions. Idée originale tendant à montrer comment des personnes modestes préservent les valeurs de la civilisation en faisant perdurer l’art de la correspondance dans une époque asservie par la technologie.
Lu Par Evelyne Cosimi - BPT Vence

mabanckouROMAN Français :
Alain MABANKOU,
"LES CIGOGNES SONT IMMORTELLES"
 293P. Seuil 2018 - 3*
 MOTS-CLÉS : Autobiographie, Colonisation, Congo, Politique

A Pointe-Noire, Congo-Brazzaville, dans le quartier Vougnou, vit le jeune Michel, collégien avec Maman Pauline et Papa Roger, il a une réputation de rêveur. Un évènement tragique et historique va venir bouleverser sa famille. En ce mois de mars 1977, le président Marien Ngouabi est assassiné à Brazzaville. Le jeune Michel sera confronté à la mort d'un proche, son oncle, frère de sa mère,  en lien direct avec l'assassinat du Président. Il devra, malgré lui, faire l'apprentissage du mensonge pour sauver sa famille. Partant de cet univers familial, l'auteur nous plonge dans les impasses du continent africain d'après la décolonisation. Il explore les nuances de l'âme humaine à travers le regard naïf de ce jeune adolescent contraint d'apprendre la vie et son prix.
Lu par Brigitte Jullien - BPT St Laurent du Var
vallejoROMAN Français :
 François VALLEJO,
HÔTEL WALDHEIM
 297P.Viviane Hamy 2018 - 3* - MOTS-CLÉS : Adolescence, Suisse, Guerre froide

Intrigant, inquiétant, surprenant, extravagant et presque agaçant...Dans le cadre idyllique de la Suisse, ce roman cultive le mystère historico-politique des années 70 en Allemagne, en pleine guerre froide. Nous nous laissons entraîner par deux personnages forts : Frieda, qui a trouvé le nom de son père dans les archives de la Stasi, se heurte aux souvenirs de Jeff, qui à l'époque, était un adolescent curieux et provocateur, lecteur de Thomas Mann et aussi joueur d'échecs et de jeu de GO. Lorsqu'il reçoit, 40 ans après, des cartes de l’hôtel Waldheim et que Frieda lui rend visite en France, il sera confronté à sa mémoire, aboutissant peu à peu à une sorte de culpabilité. Aurait-il été manipulé et par qui ? Démarre alors une histoire en forme d'enquête qui met en scène 2 personnages et 2 histoires qui se confrontent. Style impeccable. A lire absolument.
Lu par Christiane Krasnopolski, BPT Cagnes sur mer
MeurtresPOLAR Américain :
 Keith McCAFFERTY,
"MEURTRES SUR LA MADISON"
- 379 P. Gallmeister 2018 – 2* - MOTS-CLÉS : Énigme, Montana, Pêche

Un cadavre est repêché dans la Madison. A priori une noyade accidentelle mais des indices laissent penser qu’il s’agit d’un crime. L’enquête est confiée à la shérif Martha et à son adjoint Walt auxquels s’associe Sean, ancien détective, amoureux malheureux, reconverti dans la peinture. Soucieuse de s’imposer dans un monde d’hommes, la shérif est souvent à cran, quant à son adjoint, il est parfois décalé. Ils entretiennent des rapports souvent drôles. Sean est encore remué par sa séparation, il ne sait pas quelle place prendre dans l’enquête, pas plus que dans la vie. L’auteur ne néglige pas les personnages secondaires qui ne sont pas que des figurants. La pêche à la mouche est centrale, on en apprend beaucoup sur cet art sans que ce soit pesant. L’intrigue est solide, l’auteur sait garder notre curiosité en éveil et le bon commentaire de Craig Johnson me paraît juste.
Lu par Marième Buchet - BPT St Bathélemy



Non retenus par le Comité de Lecture


esteveROMAN Français :
Julie ESTEVE,
"SIMPLE"
 201P.Stock 2018 – 3*
 MOTS-CLÉS : Corse, Isolement, Incompréhension, Handicap

Antoine Orsini vit dans un petit village des montagnes corses. C’est le "baoul", l’idiot du coin. Il vit à la marge des autres, parle à sa chaise et lui raconte les évènements qui l’ont amené où il en est. Dès son enfance, il a vécu isolé du reste du village : on ne l’aime pas, on en a peur. Il n’a que deux amis, Florence, une adolescente délurée de 16 ans et Magic, un dictaphone. Un jour Florence est retrouvée morte : Antoine est le coupable idéal. Récit prenant : on entre dans l’esprit du "baoul" avec son langage particulier, ses obsessions, ses incompréhensions. Des descriptions pleines de poésie mais aussi une vision  cruelle du monde fermé du village.
Lu par Christiane Vulvert - BPT Cagnes sur mer
kitsonROMAN Écossais :
 Mick KITSON,
"MANUEL DE SURVIE À L'USAGE DES JEUNES FILLES"
 247P.Métailié 2018 -– 2*
 MOTS-CLÉS : Ecosse, Enfance, Sœurs, Survie

Que font deux gamines au fin fond d'une forêt écossaise. Sal, treize ans, et sa petite sœur, Peppa, dix ans, ont décidé de s’y installer pour une durée indéterminée. Comment en sont-elles arrivées là ? Sal a préparé leur fuite pendant plus d'un an, pour parer à toute éventualité le jour J. Dans le silence et la beauté des Highlands, Sal parle de leur mère désarmée devant la vie, de Robert le salaud, de la tendresse d'Ingrid, une vieille femme marginale, ancien médecin transfuge de RDA, mais surtout de son amour extraordinaire pour Peppa. Ça parle de survie, de rédemption, et des vertus régénérantes de la nature. Un premier roman conté avec fantaisie et imagination, au style simple et fluide, qui retranscrit à merveille la voix d’une enfant de treize ans et assure un très bon équilibre entre frissons et plein d’émotions.                                                            
 Lu par Joëlle GRENIER – BPT Juan Les Pins

boltanskiROMAN Français :
Christophe BOLTANSKI,
 "LE GUETTEUR"
 286P. Stock 2018 – 3*
 MOTS-CLÉS : Mère, Enquête, Militantisme, Paranoïa
Au décès de sa mère, le narrateur et sa sœur vident son appartement. Parmi le capharnaüm ambiant, ils trouvent une pochette contenant cinq textes, plus précisément, cinq débuts de polars dont le plus remarquable et le plus abouti est celui intitulé "La nuit du guetteur". Intrigué, l'auteur décide de mener sa propre investigation sur sa mère - cette inconnue - et sur sa vie. Enquête qui le fera remonter dans la jeunesse militante de celle-ci jusqu'à sa déchéance dans la maladie et sa vieillesse solitaire de recluse. Parviendra-t-il à découvrir qui est cette inconnue et réussir à donner une suite à cet embryon de roman tel qu'elle aurait souhaité l'écrire elle-même ? Roman très bien écrit malgré des digressions peu pertinentes. Manque de rigueur et de rebondissements dans l'intrigue. Idéal pour les amateurs de belles plumes. Peu attrayant pour les aficionados de vrais polars.
Lu par Karima ABOU-EL-ABBES – BPT Juan Les Pins

ferrariROMAN Français :
Jérôme FERRARI,
"À SON IMAGE"
 224P.Actes Sud 2018 – 3*
 MOTS-CLÉS : Corse, Guerre, Photographie, Deuil

"A son image" est une oraison funèbre à la mémoire d'Antonia, ancienne photographe de guerre, morte à 38 ans sur une route de Corse. Les différents moments de la cérémonie catholique des obsèques rythment la construction du livre. Le prêtre, qui est l'autre personnage important du livre, est le parrain d'Antonia. Il l'aimait beaucoup et lui a offert son premier appareil-photo. Chaque chapitre retrace un moment de la vie d'Antonia ou de son parrain et épouse l'histoire du mouvement nationaliste corse. Antonia, lasse des querelles fratricides auxquelles participe son fiancé, Pascal, est allée voir de près la "vraie" guerre en Yougoslavie. (Elle est hantée par l'éternelle question de la représentation du mal par les images, entre obscénité et nécessité d'informer) Le prêtre, lui, a eu une vie avant d'entrer dans les ordres. Très beau livre certes, mais réflexion ardue susceptible de lasser les lecteurs.
Lu Par Marguerite Gautier - BPT Beaulieu sur mer