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Comité de Lecture du 26 octobre  2017



atwoodMargaret ATWOOD,
 "C'EST LE COEUR QUI LÂCHE EN DERNIER"
Roman USA - 443P
Robert Laffont 2017 – 3* - 
MOTS-CLES : Crise, Utopie, Couple, Liberté

Stan et Charmaine vivent dans leur voiture quelque part dans le nord-est américain. La crise économique leur a fait perdre leur emploi et leur maison. Ils intègrent bientôt le projet socio-économique Positron : on leur propose un emploi et une maison à vie dans la ville de Concilience en échange de quoi ils devront " alterner" tous les mois avec un autre couple qui occupera leur maison pendant qu'ils rejoindront le système pénitentiaire de Positron. La vie s'écoule assez monotone jusqu'à ce que Charmaine ait une liaison avec l'homme qui vit dans sa maison en alternance. Sa vie et celle de Stan vont alors se compliquer dramatiquement. Sur quoi est basée l'économie de Concilience/Positron, pourquoi une fois entré on ne peut plus en sortir ? Un roman très noir d'anticipation sociale, profond, drôle et absurde, qui dérange tant il est horriblement plausible.
Lu par Michèle Westrelin - BPT Dante-Gambetta
cleavePaul CLEAVE,
"NE FAIS CONFIANCE A PERSONNE"
POLICIER anglais (Nouvelle Zélande) : 459 P.
Sonatine 2017 - 4* -
MOTS-CLES : Alzheimer–Meurtres–Ecriture

Jerry Grey, 49 ans est un auteur à succès de romans policiers. Mais la roue tourne sous la forme d’un sale diagnostic, le "Grand A" comme Alzheimer. Une bombe à retardement, non, plutôt une bombe qui a déjà explosé, car c'est aux retombées que nous avons affaire dans ce roman. Il va vivre sans souvenirs d'événements alors que d’autres seront très nets et confondre réalité et fiction en s'accusant de meurtres semblables à ceux de ses romans. Quand on le soupçonne de vrais meurtres, est-il victime ou coupable ? La confusion du héros devient alors celle du lecteur. La vérité se révèlera bien plus effroyable que ce que l'on peut imaginer. Un roman maîtrisé de bout en bout, complexe et passionnant et un personnage qu'on n'oubliera pas ! Avec un sujet pourtant grave, on reste constamment dans l'autodérision, ce qui donne un petit bijou d'humour noir. 
Lu par Joëlle GRENIER – BPT Juan Les Pins
deserable François-Henri DESERABLE,
"UN CERTAIN M.PIEKIELNY"
ROMAN français :– 259P
 Gallimard - 3* 
MOTS-CLES : Romain Gary, Juifs de Lituanie, Vérité en littérature

Enfant, Roman Kacew avait fait la promesse à un voisin d'évoquer son nom chaque fois qu'il rencontrerait un personnage important. C'est ce que, devenu Romain Gary, il écrit dans son autobiographie "La Promesse de l'Aube". F-H Désérable se lance à la recherche de ce voisin dont rien ne prouve l'existence ce qui lui donne l'occasion de parler du sort des juifs du ghetto de Vilnius. De même, il imagine les situations où Romain Gary aurait pu tenir sa promesse et il nous livre alors un portrait très sensible de l'écrivain. Roman remarquable par son érudition et par son humour.
Lu Par Marguerite Gautier - BPT Beaulieu
devillePatrick DEVILLE,
"TABA-TABA"
ROMAN français : 430 P
Seuil 2017 - 3* -
MOTS-CLÉS : Histoire familiale, Histoire mondiale contemporaine, Voyages

Au volant de sa Passat Patrick Deville sillonne les routes de France, avec pour point de départ Le lazaret de Mindin, hôpital psychiatrique où il est né, accompagné, en pensées, de Taba-Taba, son ami d’enfance fou. Dans un récit flamboyant, alimenté de données personnelles et de digressions historiques, géographiques, politiques, économiques, de descriptions de paysages, de villes, de pays, d’évocations d’hommes de femmes, il déroule la vie de sa famille qui partage le destin commun aux petites gens, ballottés au gré des soubresauts de l’histoire. En parallèle il livre aussi son histoire, faite de multiples voyages vers des horizons lointains. Il met en avant les interactions entre les événements d’ici et d’ailleurs et se dévoile avec pudeur. Dans un récit très fluide il lie avec brio la petite et la grande histoire, celle de la France et celle du monde, celle d’hier et celle d’aujourd’hui.                                  
 Lu par Marième Buchet - BPT St-Laurent-du-Var
dreyfusPauline DREYFUS,
 "LE DEJEUNER DES BARRICADES"
ROMAN français : – 231P
Grasset 2017 – 3* -
MOTS-CLES : Hôtel  Meurice, Mai 68, Prix Roger Nimier, Déjeuner littéraire

Ce roman décrit une journée mémorable pour le personnel de l’hôtel Meurice à Paris où, comme chaque  année, le prix Roger Nimiez doit être décerné au lauréat au cours d’un déjeuner accueillant écrivains connus et journalistes. Beaucoup de défections en ce jour du 22 Mai 1968, où Paris impraticable est livré à la colère des étudiants. Des personnages bien campés, la clientèle richissime et le personnel montrent leur détermination à maintenir le programme. Le lauréat Patrick Modiano recevra le prix et un chèque des mains de Florence Gould, mécène, pour son premier roman : "Place de l’étoile". Bien écrit, léger et espiègle ce court roman honore l’œuvre de Patrick Modiano et le travail bien fait et respectueux de toute une équipe. Une distraction savoureuse.
Lu par Anne Walters - BPT St Laurent du Var
raveyYves RAVEY,
 "TROIS JOURS CHEZ MA TANTE"
ROMAN français : - 187P
Editions de Minuit 2017 – 3* -
 MOTS CLES : Mensonge, Vengeance, Escroquerie

Marcello Martini vit depuis vingt ans au Liberia où il gère une école pour enfants déplacés grâce au chèque que lui adresse Vicky, une vielle tante richissime chaque mois. Un jour pourtant, elle le somme de revenir afin de le rayer de son testament. Marcello rentre en France et est reçu par sa tante dans une luxueuse maison de retraire dont tout le personnel semble au service de Vicky. Les évènements vont alors s’accélérer; on rencontre l’ex-femme et la fille de Marcello, on découvre par petites touches quel homme il est … et cela jusqu’à la scène finale où tel est pris qui croyait prendre. Roman noir  fait de chapitres courts qui nous mènent à comprendre qui est qui. On sourit parfois, on s’indigne aussi. Agréable à lire.      
Lu par Christianne Vulvert - BPT Cagnes sur mer
whiteheadColson WHITEHEAD,
"UNDERGROUND RAILROAD"
ROMAN historique américain: - 416P.
Albin Michel 2017 – 4*
- MOTS-CLES : Etats-Unis-Esclavage-Racisme- Pulitzer fiction 2017

Cora, seize ans, est esclave sur une plantation de coton dans la Géorgie d’avant la guerre de Sécession. Abandonnée par sa mère lorsqu’elle était enfant, elle survit tant bien que mal à la violence de sa condition. Lorsque Caesar, un esclave récemment arrivé de Virginie, lui propose de s’enfuir, elle accepte et tente, au péril de sa vie, de gagner avec lui les États libres du Nord. De la Caroline du Sud à l’Indiana en passant par le Tennessee, Cora va vivre une incroyable odyssée. Traquée comme une bête par un impitoyable chasseur d’esclaves qui l’oblige à fuir, elle fera tout pour conquérir sa liberté. "Un roman puissant, une histoire essentielle pour comprendre les Américains d’hier et d’aujourd’hui" Un grand coup de cœur, qui plaira à coup sûr à notre lectorat.
Lu par Francine Bragantini - BPT Juan les Pins



Livres non retenus par le Comité de lecture


bonnefoy Miguel BONNEFOY
"SUCRE NOIR"
ROMAN français :- 207P
Rivages 2017 -
MOTS-CLES : Trésor, Caraïbes, Quête du bonheur

Dans un village des Caraïbes, la famille Otero, que l'on suit sur trois générations, cultive la canne à sucre à l'endroit même où le bateau du capitaine Henry Morgan a disparu trois siècles plus tôt, engloutissant un magnifique trésor. Vérité ou légende, nul ne le sait vraiment, mais ce trésor va exacerber les passions et favoriser toutes les ambitions. Chacun est à la recherche de quelque chose : le trésor, l'amour, le bonheur. Ce roman manque de souffle et d'éclat, la luxuriance du pays ne transparait pas, le style est froid et les personnages sans chaleur. Peu d'émotions à la lecture de ces aventures que j'espérais plus excitantes.                              
Lu par Geneviève Chauvet - BPT du Port
lopezDavid LOPEZ
"FIEF"
ROMAN français : – 252P
Seuil 2017 -
MOTS-CLES : Potes, Drogue, Cartes, Boxe

"FIEF" est un roman déroutant : il n’y a aucune action ni histoire. Il y a Jonas et sa bande de potes. Il est en quelque sorte le narrateur. Il parle avec ses amis, de drogue, de parties de cartes, de boxe dans un lieu en marge de la société. C’est l’histoire d’une bande de jeunes désœuvrés qui regardent le monde avec désillusion car elle a baissé les bras. Je n’ai pas aimé du tout : ni l’écriture, langue inspirée du RAP à la limite du français parlé, ni l’histoire qui n’en est pas une. Désolée Mr Lopez mais votre non-style n’est pas pour moi et certains peuvent vous porter aux nues cela me laisse rêveuse quant à l’avenir de notre belle langue !   
Lu par Elisabeth Biasibetti - BPT du Port
pipernoAlessandro PIPERNO,
"LA OU L'HISTOIRE SE TERMINE"
ROMAN italien : - 297P.
Liana Levi 2017 -
MOTS-CLES : Rome, Saga familiale, Ironie

Matteo Zevi rentre à Rome après s’être exilé en Californie pendant seize ans pour cause de dettes. Federica, son épouse, l’attend avec impatience, n’ayant pas demandé le divorce. Giorgio, fils de sa première femme, très pris par la réussite de son restaurant et sa nouvelle paternité, ne tient pas à le revoir. Le retour de Matteo laisse sa fille, Martina, indifférente : secrètement amoureuse de sa belle-sœur, tourmentée, elle rêve de fuir. Matteo réussit à regrouper toute sa famille au cours d’une fête de Noël dans le restaurant de Giorgio. Soudain, une explosion marque la fin de l’histoire, et remet les sentiments à leur juste place.  Certes, l’auteur dresse avec finesse et ironie les portraits des différents personnages appartenant à la bourgeoisie juive romaine, tous voulant réussir socialement, mais le roman ne devient intéressant qu’au dernier chapitre, là où se termine l’histoire. La fin explosive peut-elle rattraper une lecture sans enthousiasme ? Plaira-t-il à notre lectorat ?    
Lu par Dominique Jalliffier - BPT Valbonne
rashRon RASH,
"PAR LE VENT PLEURE"
ROMAN américain : – 199P
Seuil, 2017 –
MOTS-CLES : Meurtre, Rivalité fraternelle, Mémoire
On est en1969, dans un bled au fin fond de la Caroline du Sud. Après la mort de leur père, tué dans un accident de voiture, deux frères, Bill et Eugene, habitent chez leur grand-père, médecin renommé mais autoritaire et acariâtre. Pour échapper à cette ambiance étouffante, Bill et Eugene vont souvent à la pêche. Là sur la berge de la rivière ils aperçoivent une "sirène" Ligéia, qui les initie tous les deux à leurs "premières fois" - sexe, alcool, drogues dures - moyennant quelques comprimés tranquillisants volés dans le cabinet de leur grand-père. Puis Ligéia disparaît d’un jour à l’autre. Ben devient chirurgien. Eugene, écrivain manqué, divorcé, alcoolique, se remémore ces jours lointains, jusqu’au moment, quarante ans plus tard, où les frères découvrent l’ultime sort de Ligéia. On a beau être dans des années 60, le monde a beaucoup changé depuis, ce qui rend les préoccupations de ce roman un peu ringards.                                                                                                       
Lu par Susanna Noël - BPT de Beaulieu
thomas Chantal THOMAS,
 "SOUVENIRS DE LA MAREE BASSE"
ROMAN français : – 213P.
Seuil 2017 -
MOTS-CLES : transmission, famille, relation mère-fille, natation

Chantal Thomas évoque son enfance avec comme figure centrale sa mère, Jackie, à la personnalité singulière. Nageuse passionnée mais mère détachée de tout souci de transmission, Jackie ne vit que pour améliorer sa pratique du crawl et se décharge de l’éducation de sa fille qu’elle confie à ses parents. Malgré cette  distance, un lien silencieux s’établit entre elles, trouvant son origine par la transmission in utero de ce "charme des musiques et des douceurs mêlées des eaux de ma mère et du lac". Réflexion originale sur la transmission et la relation mère-fille, la narratrice reconnaissant sa dette envers cette mère atypique qui, sans le rechercher, lui a peut-être légué le modèle d’une femme libre, pourtant née en 1919, et la découverte d’un hédonisme comme vade-mecum. Les anecdotes autour des divers protagonistes donnent de l’épaisseur à ce roman familial qu’on prend plaisir à lire.
Lu par Evelyne Cosimi - BPT Vence