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Comité de Lecture du 28 septembre 2017

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ROMAN français : Claudie GALLAY, « LA BEAUTÉ DES JOURS » - 404 P.

Actes Sud 2017 – 3* - MOTS-CLÉS : Bonheur, Femme, Art

 Jeanne, 43 ans, mène une vie réglée par les habitudes auprès de son mari, de leurs filles jumelles, de ses parents et grand-mère vivant à la ferme familiale dans la région lyonnaise. C’est l’été, elle aime regarder passer les trains, arroser son jardin. La routine la rassure mais elle attend de connaître autre chose. Pour se libérer de son quotidien, elle correspond avec l’artiste serbe Marina Abramovic, une plasticienne contemporaine qui la fascine. De plus, le hasard lui fait rencontrer un ancien amour de jeunesse : en est-elle amoureuse ? va-t-elle le suivre ? Nous suivons les pensées de Jeanne tout au long de phrases courtes et de chapitres brefs. Un roman bienveillant, qui retranscrit avec beaucoup de grâce le bonheur au quotidien, la force libératrice de l’art et le temps qui passe. De lecture aisée, il plaira sans doute à nos lecteurs.
Lu par Dominique Jalliffier - Valbonne  
            
                                                                                                       
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ROMAN britannique : Anna HOPE, « LA SALLE DE BAL» - 383 P.

Gallimard –  3* - MOTS-CLÉS : Angleterre 1911, Psychiatrie, Eugénisme

 En 1911 l'asile de Sharston dans le Yorkshire accueille aussi bien les cas psychiatriques que les "inadaptés" de la société, indigents, rebelles, filles en rupture d'autorité paternelle.... Le docteur Fuller y essaie des formes de thérapie innovantes par la musique et la danse. Il est aussi séduit par les théories eugénistes qui voient le jour à cette époque. Il s'agit d'améliorer la société en stérilisant les patients. Il veut mettre cette pratique en ?uvre justement sur les deux héros dont nous suivions l'histoire avec passion. Bien documenté, rendu encore plus intéressant par son intrigue romanesque, c'est un excellent livre de bibliothèque. Il figure sur la liste du Prix Femina étranger.             
Lu par Marguerite Gautier - Beaulieu-sur-Mer

rapatries

ROMAN français : Néhémy PIERRE-DAHOMEY, « RAPATRIÉS » - 190 P.

Seuil –  3* - MOTS-CLÉS : Haïti, Racisme, Relation mère/fille

Ce roman chamarré et riche ne se prête pas aisément à la première lecture : texte dense et alambiqué, vocabulaire soutenu.  Mais la persévérance en vaut la peine.  Dans la première partie on suit le parcours du personnage principal, la dénommé Belliqueuse Louissaint, dans ses tentatives échouées de quitter Haïti pour la Floride, et les déboires de ses nombreux enfants.  La deuxième partie du livre est nettement plus sombre, plus profonde. Belli doit faire adopter deux de ses filles. L'auteur explore la terrible division du « soi » quand on est né noir dans un monde où les Blancs restent suprêmes, et aussi la division psychologique quand un enfant a deux mères, l’une blanche  basée en France, et l’autre noire (et devenue folle) vivant parmi les décombres du tremblement de terre de janvier 2010. Livre intéressant au style travaillé et au vocabulaire encyclopédique, principalement pour un premier roman.  
Lu par Susanna Noël- Beaulieu-sur-Mer  
                                                                 
        

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ROMAN français : Pierre ADRIAN, «  DES ÂMES SIMPLES » - 190 P.

Ed. Des Équateurs –  3* - Mots-clés : Religion catholique, Pyrénées, Solitude

L'auteur, né en 1991, et dont le premier livre « la Piste Pasolini » a reçu en 2016 le prix des Deux- Magots et le prix François Mauriac ainsi que celui de l'Académie Française, va suivre Frère Pierre, curé de Bedous et des douze communes alentour, situées au fin fond des Pyrénées. Cette région magnifique est désertée car la vie y est trop difficile pour l'homme. Frère Pierre a fait le choix d'y vivre dans un monastère, au service de tous, croyants ou non croyants. Avec bienveillance et sagesse il accueille les plus démunis. Ce livre magnifique nous raconte son quotidien, il parle de la foi et de l'extraordinaire tristesse d'une vallée de montagne. 
Lu par Nicole Parpirolles-Beaulieu/mer  
                                                                 
                                                                
le-jour-d-avant

ROMAN français : Sorj CHALANDON, « LE JOUR D'AVANT » - 326 P.

Éd. Grasset - 4 * - Mots-clés : Mine, Vengeance, Culpabilité

Le matin du 27 décembre 1974, coup de grisou dans la mine de charbon de Liévin : 42 corps sont sortis de la fosse. Joseph, tout juste 20 ans, grièvement blessé, mourra à l'hôpital un mois plus tard. Son nom ne figurera jamais sur les stèles commémoratives et il ne sera jamais comptabilisé avec les victimes.  Michel, le jeune frère de Joseph, promet de le venger, et de venger leur père qui, submergé de douleur, se suicide un an après la catastrophe. Il va pendant des années, engranger des informations sur la mine : les articles de journaux, les photos de mineurs mais aussi leurs outils, leurs vêtements, leurs casques. 40 ans plus tard, il choisi le jour de sa vengeance et retourne sur le lieu du drame à la recherche de Dravelle, le contremaître qui, à ses yeux est le principal responsable. Ecriture magnifique pour  cette histoire pathétique et passionnante sur le très dur métier de la mine.                                                                               
Lu par Geneviève Chauvet - Le Port

personne-n-a-oublié

ROMAN français : Stéphanie EXBRAYAT, « PERSONNE N'A OUBLIÉ » - 267 P. 

Terra Nova - 2* - MOTS-CLÉS : Années 60, Famille, Suspense psychologique                                                                                                                                    

 Début 60 dans le Morvan - Quand Sam tombe du haut de la grange et se fracasse le crane, Colette perd tout repère : il était l'unique joie dans sa morne vie… Après des semaines d'hébétude, elle décide d'abandonner les calmants et réfléchit aux circonstances du drame : elle avait strictement interdit à l'enfant de pénétrer dans cette grange. Il était obéissant, alors que s'est-il passé ? Entre culpabilité, elle n'aurait jamais dû laisser son fils seul avec François son mari trop violent, et soupçons, quelqu'un aurait pu le pousser, elle va enquéter. Premier ouvrage original par sa forme, alternant chapitre narratif et extrait de journal intime à l'ntrigue bien menée. Pas vraiment un thriller, plutôt un récit psychologique, tragique témoignage d'une époque (heureusement) révolue.  
 Lu par Christiane Krasnopolski - Cagnes- sur-Mer
                                        
summer

ROMAN français : Monica SABOLO, « SUMMER » – 316 P.

Ed. J.C. Lattès – 3* - MOTS-CLÉS : Disparition, Mémoire, Secrets de famille

 Benjamin, 38ans, court les  psys afin  de sortir du  long  cauchemar  provoqué par la disparition de sa
sa soeur Summer, il y a 24 ans, lors d'un pique-nique sur les rives du lac Léman. S'est-elle noyée ?
Nul ne l'a jamais su.  Bloqué par le souvenir de cet été dramatique, ne  parvenant plus à avancer dans
la vie,  il va enquêter à sa manière,  fouillant dans sa mémoire embrumée . Mais   dans  sa  famille, levernis  social  est opaque, on  tient  toute  émotion à  distance et  les images  du  bonheur  idéal servent surtout  à
dissimuler dureté et violence.  Petit à  petit, les  mensonges se fendillent et les  eaux  troubles du  lac s'éclaircissent, permettant à Benjamin de sortir de sa de torpeur afin de  mieux avancer. Un roman introspectif sur les tourments de l'enfance et la force destructrice du secret. Une  atmosphère  troublante et un  magnétisme qui vient essentiellement de la langue métaphorique.             Lu par Joëlle GRENIER – Juan-les-Pins                                              
 
ailleurs

ROMAN italien : Dario FRANCESCHINI, « AILLEURS » - 233 P.


Gallimard/ L’Arpenteur – 3* - MOTS-CLÉS : Famille, Convention, Liberté, Choix de vie


 Avant de mourir, Ippolito, notaire apprécié, convoque son fils Iacopo et lui demande de retrouver les 52 enfants qu’il a eu avec des prostituées. Il lui confie un petit carnet noir contenant le nom de chaque enfant, de la mère, la date de naissance et l’adresse. Une fois sa stupéfaction passée, Iacopo s’installe à Ferrare dans le quartier des prostituées et des voleurs où ses préconceptions s’effondrent devant l’accueil d’êtres chaleureux, simples et souriants. Mila, surtout le séduit par sa légèreté, sa joie de vivre et son bon sens. Ce monde de couleurs l’éblouit et lui ramène le sourire. Des rebondissements en cascades mènent à un changement spirituel fondamental lui permettant de faire exploser ses préjugés afin de façonner sa vie en une création personnelle et profondément humaine. D’une écriture simple et aisée, cette fable pour adultes est à découvrir et à garder.   
 Lu par Anne-Dufour-Walters – St Laurent-du-Var